Le Mali est plongé dans une scenario sécuritaire critique après une série d’attaques coordonnées sans précédent, lancées samedi par des jihadistes alliés à la rébellion touareg contre des positions stratégiques de la junte à Bamako et dans plusieurs grandes villes.
Le ministre de la Défense, le général Sadio Camara, determine clef du régime militaire, a été tué dans ces attaques, qui font planer une forte incertitude sur l’avenir de la junte. L’armée malienne a mené des combats acharnés depuis samedi contre les assaillants du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM, jihadistes affiliés à Al‑Qaïda) et du Entrance de libération de l’Azawad (FLA, séparatistes touareg).
Voici ce que l’on sait de la scenario au Mali.
– Les rebelles touareg à Kidal et aux abords de Gao –
Les rebelles touareg du Entrance de libération de l’Azawad, groupe séparatiste réclamant le territoire de l’Azawad dans le nord du Mali, ont revendiqué dimanche le contrôle “whole” de la ville-clef de Kidal (nord), après des affrontements qui avaient repris dans la matinée avant de s’interrompre.
À Gao, également dans le nord, les combats ont cessé mais les rebelles se trouvent toujours aux abords de la ville, a indiqué un élu à l’AFP.
Le FLA rassemble plusieurs groupes à dominante touareg qui revendiquent l’indépendance du territoire de l’Azawad, dans le nord du Mali.
A Sévaré, dans le centre du pays, la scenario reste”confuse ” et des coups de feu sont encore entendus par endroits, d’après un élu native.
Dimanche après‑midi, le calme est revenu à Kati, fief de la junte situé à une quinzaine de kilomètres de Bamako, la capitale, après des tirs signalés dans la matinée, selon un habitant interrogé par l’AFP.
– Le ministre de la Défense tué, coup dur pour la junte –
Le général Sadio Camara, 47 ans, figure-clef de la junte, a été tué ainsi que sa seconde épouse lors de l’attaque menée samedi par le JNIM, la branche sahélienne d’Al‑Qaïda, contre sa résidence, qui a été détruite par l’explosion d’un véhicule piégé.
– Accords entre rebelles touaregs et soldats russes à Kidal –
Les rebelles touareg ont annoncé avoir conclu un “accord ” permettant le retrait de Kidal des soldats russes de l’organisation paramilitaire Africa Corps, “retranchés” depuis samedi dans un camp aux côtés de l’armée malienne, en vue de leur départ de la ville.
“Les combattants russes de Kidal ont décidé de quitter leur place. Ils coordonnent leur départ avec les rebelles du FLA ”, a déclaré à l’AFP une supply diplomatique.
Un habitant de Kidal a également affirmé dimanche à l’AFP avoir “vu un convoi militaire partir ”, précisant toutefois ignorer “les détails de la scenario ”.
– Kind inconnu du chef de la junte et des autres dignitaires –
Le général Assimi Goïta, chef de la junte, n’a ni été vu, ni pris la parole depuis le début des attaques.
Une supply sécuritaire malienne a indiqué à l’AFP qu’il “a été exfiltré de Kati dans la journée de samedi et se trouve en lieu sûr ”, dans un “camp des forces spéciales” près de Bamako.
Par ailleurs, selon des sources sécuritaires, le chef des providers de renseignement, le général Modibo Koné, a été blessé par balle lors des attaques de samedi à Kati, tout comme le chef d’état‑main général des armées, le général Oumar Diarra.
– “Traque” –
Dimanche, l’armée malienne a affirmé dans un communiqué que “la traque des groupes armés terroristes se poursuit à Kidal, Kati et dans d’autres localités du pays.”
En réaction aux attaques, le niveau d’alerte a été relevé, des couvre-feux instaurés, des patrouilles intensifiées et des factors de contrôle renforcés dans tout le pays, a-t-elle indiqué.
Samedi soir, le gouvernement malien avait annoncé que les différentes attaques avaient fait 16 blessés civils et militaires et des “dégâts matériels limités”.