Certaines démissions ressemblent à un easy changement de bureau. Et puis d’autres résonnent comme une alarme incendie dans un immeuble où tout le monde fait semblant de ne pas sentir la fumée.
Au ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation dirigé par Boubacar Camara, ce ne sont pas un, ni deux, mais cinq des principaux responsables de la Course générale de l’Enseignement supérieur qui ont claqué la porte. Des universitaires, des techniciens, des artisans des politiques publiques qui expliquent noir sur blanc leur départ par des désaccords profonds avec la imaginative and prescient du ministre Boubacar Camara.
Autrement dit, ce n’est pas une querelle d’ego. C’est une fracture sur l’orientation même de l’université sénégalaise.
Quand cinq directeurs quittent simultanément le cockpit, la première query n’est pas de savoir si les sièges étaient confortables. La vraie query est : qui tient encore le manche ?
Les démissionnaires évoquent le projet ESPOIR-Jeunes, les ISEP, les contrats de efficiency des universités, la recherche scientifique, la transformation numérique, les bibliothèques numériques, le programme « Un étudiant, un ordinateur », les bourses… Bref, ils parlent du moteur même de la refondation de l’enseignement supérieur.
Et pendant qu’ils décrivent une machine qu’ils estiment en practice d’être démontée pièce par pièce, le silence officiel est presque assourdissant.
Mais le plus fascinant dans cette affaire n’est peut-être pas la imprecise de démissions.
Le plus fascinant, c’est la imprecise de silence.
Imaginons un on the spot le même scénario sous un gouvernement dirigé par Ousmane Sonko. Les unes auraient probablement explosé : « Crise ouverte au sommet de l’État », « Gouvernement en implosion », « La rupture déjà en panne ». Les plateaux télé auraient convoqué leurs specialists permanents, les éditorialistes auraient découvert une ardour soudaine pour la gouvernance publique et les réseaux sociaux auraient été transformés en salle de crise nationale.
Aujourd’hui ? Le calme d’un monastère.
On cherche les grands éditoriaux avec la même difficulté qu’un étudiant cherche une place assise à la bibliothèque en période d’examens.
Cette différence de traitement interroge. Une même data ne devrait pas changer de gravité selon le nom de celui qui gouverne. Les faits restent des faits, quel que soit le locataire du pouvoir.
Quant au ministre Boubacar Camara, une query demeure entière : remark un ministre fraîchement installé peut-il provoquer, en si peu de temps, une rupture aussi profonde avec ceux qui avaient conçu et piloté les principales réformes de son département ?
Lorsqu’un orchestre entier se lève avant la fin du live performance, il devient difficile d’accuser uniquement les devices.
L’université sénégalaise mérite mieux que des querelles de chapelle ou des affrontements de doctrine transformés en règlements de comptes administratifs. Elle mérite de la stabilité, de la cohérence et une imaginative and prescient succesful de rassembler plutôt que de disperser.
Automotive à ce rythme, le ministère de l’Enseignement supérieur risque de devenir le seul campus où les directeurs obtiennent leur diplôme… en démission collective.
Et le plus ironique dans toute cette histoire, c’est que certains médias, d’ordinaire si prompts à flairer la moindre turbulence lorsqu’elle concerne certains dirigeants, semblent aujourd’hui avoir égaré leur boussole, leur loupe et leur sens de l’urgence.
Le vacarme change donc de quantity selon l’adresse du pouvoir.
En journalisme, cela porte un nom : le deux poids, deux mesures.
En satire, cela s’appelle simplement… le silence sélectif.
Malick BA